Le tir longue distance a un défaut : il parle une langue que personne ne vous apprend. Le matériel est décrit en anglais, les applications aussi, et les tireurs expérimentés emploient sans y penser des mots qu’ils ont mis des années à intégrer. Ce lexique est le filet de sécurité de toute la formation : chaque terme y est défini en une à trois phrases, en langage courant, avec son équivalent anglais quand il existe, la valeur chiffrée quand elle rend les choses concrètes, et le renvoi au module qui le développe.
Avertissement. Ce lexique est pédagogique. Il ne remplace ni la réglementation française sur les armes, ni l’encadrement d’un club, ni la notice de votre matériel, ni la vérification de vos propres données au stand. Les valeurs chiffrées sont des ordres de grandeur destinés à rendre les termes concrets, jamais des données à appliquer telles quelles.
Les entrées sont regroupées par familles, dans l’ordre où l’on rencontre les choses : l’arme, la munition, l’optique et son montage, les unités de mesure, la balistique, la position et le geste, le terrain et la météo, le stand et la sécurité, puis les mots anglais qui n’ont pas d’équivalent français installé. Un index alphabétique en fin de page permet de retrouver un terme sans lire le reste.
1. L’arme
Tout le vocabulaire des pièces que vous tenez dans les mains. Ces termes sont détaillés dans le module L’anatomie d’une carabine.
- Carabine — rifle. L’arme longue qu’on épaule, dont le canon porte des rainures en spirale. C’est l’arme du tir longue distance. → module N1.2
- Canon — barrel. Le tube métallique que la balle traverse en une fraction de seconde au moment du tir. Il mesure couramment 50 à 70 cm. → module N1.2
- Bouche — muzzle. L’extrémité avant du canon, par où la balle sort. On la retrouve dans les expressions anglaises muzzle velocity (vitesse à la bouche) et muzzle brake (frein de bouche). → module N1.2
- Couronne — crown. Le tout dernier millimètre du canon, la dernière surface que touche la balle avant de s’envoler. La rayer dégrade la précision de façon définitive : c’est pour la protéger qu’on nettoie toujours de l’arrière vers l’avant. → module N1.10
- Rayures — rifling. Les rainures en spirale creusées à l’intérieur du canon, qui font tourner la balle sur elle-même pour la stabiliser en vol, comme un ballon de rugby lancé en vrille. → module N1.2
- Pas de rayure — twist rate. La distance sur laquelle la rayure fait un tour complet. Noté « 1:8 », c’est-à-dire un tour en 8 pouces (environ 20 cm). Plus le pas est court, plus la balle tourne vite, et plus une balle longue est stabilisée. → module N1.2
- Chambre — chamber. Le logement, à l’arrière du canon, dont la forme épouse celle de la munition et où celle-ci attend juste avant le départ du coup. Elle ne contient qu’une munition à la fois. → module N1.2
- Boîtier de culasse — receiver, action. La partie fixe et centrale du mécanisme : la culasse y coulisse, et c’est sur son dessus qu’on visse l’embase de la lunette. → module N1.6
- Culasse — bolt. La pièce mobile qui ferme l’arrière du canon pendant le tir, éjecte l’étui vide, puis présente la munition suivante. Une arme « bolt action » (à verrou, ou à culasse manuelle) est une arme où le tireur manœuvre cette pièce à la main entre chaque coup. C’est elle qu’on laisse ouverte pour prouver que l’arme est vide. → module N1.2
- Percuteur — firing pin. La petite tige, libérée par la détente, qui vient frapper l’amorce de la munition pour mettre le feu à la poudre. → module N1.8
- Détente — trigger. La pièce qu’on presse avec la pulpe de l’index pour déclencher le tir. Son « poids » — la force nécessaire pour la faire partir — se règle sur la plupart des armes de précision. → module N1.8
- Pontet — trigger guard. L’anneau métallique qui entoure la détente et la protège d’un contact accidentel. Le doigt reste à l’extérieur tant que la visée n’est pas posée sur la cible. → module N1.1
- Sûreté — safety. Le levier ou le bouton qui bloque mécaniquement le départ du coup. Elle ne remplace aucune des quatre règles de sécurité : une arme en sûreté se manipule exactement comme une arme prête à tirer. → module N1.1
- Crosse — stock. Toute la partie qu’on tient et qu’on épaule, de l’appui d’épaule jusque sous le canon. Sa longueur et sa hauteur de joue se règlent à la morphologie du tireur. → module N1.2
- Fût — forend, handguard. La partie avant de la crosse, sous le canon, que soutient la main avant. C’est le fût qu’on pose sur un appui, jamais le canon lui-même, qui vibre au tir. → module N1.2
- Poignée — grip. La partie de la crosse que saisit la main arrière, celle dont l’index vient presser la détente. Elle guide l’arme et déclenche le tir ; elle ne doit jamais servir à porter son poids. → module N1.7
- Appui-joue — cheek rest, cheek piece. L’endroit de la crosse où se pose la joue, et par extension la pièce réglable qui en ajuste la hauteur. Il doit se retrouver exactement au même endroit à chaque tir, sinon l’œil ne regarde plus dans l’axe de la lunette. → module N1.7
- Chargeur — magazine. Le boîtier, souvent amovible et placé sous l’arme, qui contient les munitions en attente et les présente une par une. → module N1.2
- Frein de bouche — muzzle brake. Une pièce percée de fentes, vissée au bout du canon, qui dévie les gaz sur les côtés pour réduire le recul ressenti. En contrepartie, elle augmente nettement le bruit pour les tireurs voisins. → module N1.4
- Recul — recoil. Le mouvement de l’arme vers l’arrière au moment du départ du coup. Un corps aligné derrière l’arme l’absorbe droit ; un corps de travers le subit en biais et doit se recorriger à chaque tir. → module N1.7
- Calibre — caliber. Le diamètre de la balle, exprimé en millimètres ou en centièmes de pouce. C’est une dimension, jamais une mesure de puissance : deux munitions de même calibre peuvent se comporter très différemment. → module N1.2
- Enrayage — malfunction, jam. Un incident de fonctionnement : une munition qui ne se présente pas, un étui qui ne s’éjecte pas. On garde alors le canon en direction sûre, doigt hors du pontet, et on prévient l’encadrement. → module N1.10
- Étui (de transport) — rifle case. La housse rigide ou souple dans laquelle l’arme voyage, déchargée et séparée des munitions. À ne pas confondre avec l’étui de la cartouche, qui est le tube de laiton. → module N1.1
- Guide-baguette — bore guide. Un petit tube qu’on installe à la place de la culasse pour que la tige de nettoyage reste centrée dans le canon et n’use pas les rayures. Coût : une dizaine d’euros, pour des années d’usure évitée. → module N1.10
- Patch et solvant — patch, solvent. Le petit carré de tissu qu’on imbibe de produit dissolvant et qu’on pousse dans le canon avec une tige. Il entre par la chambre et ressort par la bouche, jamais l’inverse. → module N1.10
- Encrassement — fouling. Les résidus de poudre brûlée et les fines particules de cuivre que chaque tir dépose dans le canon. Un peu d’encrassement stabilise la précision, beaucoup la dégrade : d’où une fréquence de nettoyage raisonnable plutôt que maximale. Les deux ou trois premiers coups après un nettoyage complet (les fouling shots, ou coups de rodage) se comportent souvent différemment et ne se comptent pas dans un groupement de contrôle. → module N1.10
- Échauffement du canon — barrel heating. La montée en température du canon au fil d’une série, qui modifie légèrement son comportement et fait migrer les impacts dans une direction constante. C’est pour la repérer qu’on numérote les impacts dans l’ordre de tir. → module N1.11
- Armurier — gunsmith. Le professionnel qui entretient, répare et modifie les armes. C’est le seul recours pour une couronne abîmée, un canon en fin de vie ou un réglage mécanique qui dépasse l’entretien courant. → module N1.10
2. La munition
Quatre pièces, un vocabulaire précis, et la confusion la plus répandue chez le débutant : « balle » et « cartouche » ne désignent pas la même chose.
- Cartouche — cartridge, round. La munition complète, prête à tirer : un étui qui contient la poudre et l’amorce, et une balle fixée à l’avant. → module N1.2
- Balle — bullet. Le petit projectile métallique logé à l’avant de la cartouche. C’est le seul élément qui quitte réellement l’arme et parcourt la distance jusqu’à la cible. Dire « balle » pour désigner la cartouche entière est un raccourci courant, mais inexact. → module N1.2
- Étui — case. Le tube, généralement en laiton, qui contient la poudre et l’amorce et referme l’ensemble. Il est éjecté vide après le tir. → module N1.2
- Douille — spent case, brass. Le nom que prend l’étui une fois vide et éjecté au sol. C’est elle qu’on ramasse quand on recharge. → module N1.2
- Poudre — powder. Le combustible, en grains fins, qui brûle très rapidement et produit les gaz sous pression qui poussent la balle hors du canon. → module N1.2
- Amorce — primer. La petite pastille sensible placée au fond de l’étui, que le percuteur vient frapper : c’est l’étincelle qui met le feu à la poudre. → module N1.2
- Culot conique — boat tail. L’arrière de la balle rétréci en biseau, comme la poupe d’un bateau. Il réduit les turbulences derrière la balle et améliore nettement son comportement à longue distance. → module N2.3
- Grain (gr) — grain. L’unité de masse traditionnelle des balles et des poudres : 1 grain ≈ 0,0648 gramme. Une balle de 175 gr pèse donc environ 11,3 g. → module N1.11
- Lot (numéro de) — lot number. Le numéro de fabrication imprimé sur la boîte de munitions. Deux lots du même modèle peuvent donner des vitesses légèrement différentes, donc des impacts qui ne se regroupent pas : on le note systématiquement au carnet. → module N1.11
- Munition inerte — dummy round, snap cap. Une cartouche factice, sans poudre ni amorce, qui ne peut jamais partir. Glissée dans le chargeur à l’insu du tireur, elle révèle l’anticipation sans discussion possible ; elle protège aussi le percuteur lors du tir à sec. → module N1.8
- Rechargement — reloading, handloading. Fabriquer soi-même ses munitions en réutilisant l’étui, avec une amorce, de la poudre et une balle neuves. C’est un loisir à part entière, encadré par la loi et par les manuels officiels des fabricants ; cette formation en explique les motivations et les risques, et ne donne aucune donnée de charge. → module N2.10
- Munition « match » — match ammo. Une munition du commerce fabriquée avec un soin particulier, vendue pour sa régularité d’un coup à l’autre plutôt que pour son prix. Utile, mais jamais un substitut à une bonne position et à une bonne lecture du vent. → module N1.4
- Sertissage — crimp. Le pincement du haut de l’étui sur la balle, qui la maintient en place. Terme qu’on croise dans les discussions de rechargement, cité ici pour être compris, pas pour être appliqué. → module N2.10
3. L’optique et son montage
La lunette est le poste le plus coûteux et le plus déterminant du budget. Encore faut-il savoir ce que désigne chaque bague, chaque molette et chaque pièce de fixation.
La lunette elle-même
- Lunette de visée (ou lunette de tir) — riflescope, scope. L’instrument optique fixé sur l’arme, qui grossit l’image de la cible et affiche un réticule pour viser. → module N1.5
- Grossissement — magnification. De combien de fois l’image est agrandie. Une lunette « 5-25× » se règle de 5 à 25 fois. Plus fort n’est pas mieux : on amplifie aussi le pouls, les tremblements et le mirage, et on voit moins large. → module N1.5
- Objectif et cloche — objective, objective bell. L’objectif est la lentille avant, celle qui capte la lumière ; la cloche est le renflement du tube qui l’entoure. Elle ne doit toucher ni le canon ni l’embase : quelques millimètres de jeu suffisent, mais ils doivent exister. → module N1.6
- Oculaire — eyepiece, ocular. La lentille arrière, celle contre laquelle on place l’œil. → module N1.5
- Champ de vision — field of view. La largeur de paysage visible dans la lunette à une distance donnée. Il se réduit dès qu’on augmente le grossissement, ce qui fait perdre de vue ce qui se passe autour de la cible. → module N1.5
- Dégagement oculaire (ou distance œil-lunette) — eye relief. La distance entre l’œil et l’oculaire qui donne une image pleine, sans croissant noir sur le bord. Trop courte, la lunette peut blesser l’arcade sourcilière au recul ; trop longue, elle oblige à tordre le cou. Elle se règle en position de tir réelle, jamais sur l’établi. → module N1.6
- Réticule — reticle. La croix, ou l’échelle graduée, qu’on voit en regardant dans la lunette. Ce n’est pas seulement un point de visée : c’est une règle posée sur le paysage, qui sert à mesurer et à corriger. → module N1.5
- Graduation du réticule — subtension. Les petits traits répartis le long des branches du réticule, espacés d’une valeur d’angle connue (souvent 0,2 ou 0,5 MRAD). Ce sont eux qui permettent de mesurer un écart ou une taille apparente. → module N1.5
- FFP — First Focal Plane, premier plan focal. Le réticule grandit et rapetisse en même temps que l’image : ses graduations restent justes à tous les grossissements. → module N1.5
- SFP — Second Focal Plane, second plan focal. Le réticule garde toujours la même taille quel que soit le grossissement : confortable pour viser, mais ses graduations ne sont exactes qu’à un seul grossissement, presque toujours le plus fort. Mesurer à un autre grossissement donne des résultats faux. → module N1.5
- Réglage dioptrique — diopter adjustment. La bague située à l’arrière de la lunette, qui rend le réticule net pour votre œil à vous. On la règle une seule fois, en regardant le ciel ou un mur uni, jamais la cible. → module N1.5
- Parallaxe — parallax. Défaut de réglage qui fait glisser le réticule sur la cible dès que l’œil bouge derrière la lunette. Vous croyez viser au centre, la balle part ailleurs. Invisible, et pour cette raison la plus coûteuse des erreurs du débutant. → module N1.5
- Molette de parallaxe — side focus. La molette latérale, ou la bague avant, graduée en distances, qu’on ajuste jusqu’à ce que le réticule reste collé à la cible quand on bouge la tête. À revérifier à chaque changement de distance. → module N1.5
- Tourelle — turret. Les grosses molettes crantées, une sur le dessus et une sur le côté, qui déplacent réellement le point d’impact. Elles portent des repères gravés, le plus souvent HAUT et DROITE avec une flèche, qui indiquent le sens de rotation à appliquer. Ne jamais les confondre avec la molette de parallaxe, qui ne change rien à la trajectoire. → module N1.5
- Élévation — elevation. Le réglage haut/bas, porté par la tourelle du dessus. → module N1.5
- Dérive — windage. Le réglage gauche/droite, porté par la tourelle latérale. Le même mot français désigne aussi le déplacement latéral de la balle sous l’effet du vent. → module N1.5
- Butée et course de réglage — stop, adjustment travel. La course de réglage est la quantité totale de correction disponible dans une lunette ; la butée est le point mécanique où la molette ne peut plus avancer. À grande distance, on consomme toute la course et on arrive en butée avant d’atteindre la cible : c’est le problème que résout l’embase pentée. → module N1.6
- Zero stop — butée de zéro. Un cran mécanique qui empêche la tourelle de redescendre sous le réglage de zéro. On retrouve ainsi son point de départ à l’aveugle, d’un simple mouvement, après avoir tourné toute la journée. À défaut, une bague repositionnable permet de desserrer l’index de la tourelle, de le ramener sur le repère « 0 » et de le resserrer, sans toucher au réglage validé. → module N1.9
- Tube — main tube. Le corps cylindrique de la lunette, sur lequel se referment les colliers. Diamètres courants : 25,4 mm (1 pouce), 30, 34 et 35 mm. → module N1.6
- Bulle de niveau — bubble level. Le petit niveau fixé sur le tube ou l’embase, qui permet de vérifier d’un coup d’œil qu’on ne tient pas l’arme penchée sur le côté. → module N1.6
Le montage
- Embase — base, rail. Le rail métallique vissé sur le boîtier de culasse, qui reçoit les colliers. C’est la fondation du montage : si elle est de travers, tout ce qui vient dessus l’est aussi. → module N1.6
- Picatinny et Weaver — les deux standards d’encoches d’embase. Le Picatinny a des encoches régulières et normalisées, c’est le standard actuel ; le Weaver, plus ancien, a des encoches plus étroites et irrégulières d’un modèle à l’autre. Un accessoire Weaver se fixe en général sur du Picatinny, l’inverse n’est pas garanti. On vérifie la compatibilité annoncée, on ne force jamais. → module N1.6
- Monobloc — one-piece. Une embase, ou une paire de colliers, usinée d’un seul bloc : alignement garanti et plus grande rigidité, mais coût supérieur, aucun ajustement possible, et exigence d’un boîtier parfaitement plan. → module N1.6
- Embase pentée — canted base, MOA base. Une embase qui incline la lunette vers le bas d’un angle connu et fixe, pour restituer de la course d’élévation vers les grandes distances. Valeurs courantes : 0 MOA (plate), 20, 30 ou 40 MOA — parfois exprimées en MIL (6 MIL ≈ 20,6 MOA). 20 MOA = 5,8 MRAD, soit 58 cm à 100 m, et couvre la grande majorité des usages jusque vers 1 000 m. Trop de pente, et l’on ne peut plus faire son zéro à 100 m. → module N1.6
- Colliers — rings. Les deux pièces qui se referment sur le tube pour maintenir la lunette sur l’embase. Leur diamètre doit correspondre exactement au tube — aucune tolérance, aucune cale improvisée — et leur hauteur doit laisser un jeu à la cloche tout en gardant une joue posée naturellement sur la crosse. → module N1.6
- Frein-filet — thread locker. Une colle appliquée sur le filetage des vis pour les empêcher de se desserrer sous les vibrations du tir. Sans lui, le zéro se déplace de séance en séance sans cause apparente. → module N1.6
- Couple de serrage — torque. La force de serrage d’une vis, mesurée en newton-mètres (N·m) avec une clé dynamométrique plutôt qu’au ressenti de la main. Ordres de grandeur : 4 à 5 N·m pour l’embase, 2 à 2,5 N·m pour les colliers. Trop serré, on écrase le tube ; pas assez, le zéro bouge. La notice du fabricant fait toujours autorité. → module N1.6
- Mise de niveau du réticule — reticle leveling. Rendre le réticule parfaitement vertical par rapport à l’arme, jamais par rapport au paysage. Méthodes : niveau à bulle sur l’embase, second niveau sur la tourelle d’élévation, ou fil à plomb observé à 25 m. Un réticule de travers produit une dérive invisible à 100 m et rédhibitoire à 800 m. → module N1.6
- Centrage mécanique — mechanical zero. Ramener chaque tourelle au milieu de sa course, en comptant les tours d’une butée à l’autre puis en revenant à la moitié, avant tout réglage. On démarre au centre, pas à un endroit inconnu. → module N1.6
- Réglage au canon — bore sighting. Culasse retirée et arme calée, on regarde dans le canon comme dans un tube, on y centre une cible, puis on amène le réticule sur cette même cible avec les tourelles, sans toucher l’arme. Économie réelle : quinze à vingt cartouches et une heure de stand. Un collimateur laser de chambre rend le même service. → module N1.6
4. Les unités et les mesures
C’est la section à retenir par cœur : au tir longue distance, on ne corrige pas en centimètres, on corrige en angle. Tout est détaillé dans le module Le vocabulaire et les unités.
- Angle — La façon dont on mesure une correction au tir. Un angle s’ouvre avec la distance, comme le faisceau d’une lampe torche : le même réglage de lunette déplace l’impact de 1 cm à 100 m et de 6 cm à 600 m. → module N1.3
- MOA — Minute Of Angle, minute d’angle. Un soixantième de degré, l’unité de tradition anglo-saxonne. 1 MOA ≈ 2,9 cm à 100 m, souvent arrondi à 3 cm par commodité ; donc environ 5,8 cm à 200 m et 8,7 cm à 300 m. → module N1.3
- MRAD (ou MIL) — milliradian. L’unité métrique du tir, devenue majoritaire en longue distance. 1 MRAD = 10 cm à 100 m, 20 cm à 200 m, 100 cm à 1 000 m : on multiplie par le nombre de centaines de mètres, c’est tout. → module N1.3
- Correspondance MOA / MRAD — 1 MRAD vaut environ 3,4 MOA. Un tireur qui mélange les deux ne se trompe pas d’un peu : il se trompe d’un facteur 3,4, soit plusieurs dizaines de centimètres à 500 m. On choisit un système et on ne le mélange jamais entre la lunette, l’application et le carnet. → module N1.3
- Clic — click. Le plus petit cran de réglage d’une tourelle, celui qu’on sent et qu’on entend sous le doigt. Les deux valeurs courantes : 0,1 MRAD = 1 cm à 100 m, et 1/4 MOA ≈ 0,7 cm à 100 m. → module N1.3
- Pouce — inch. 25,4 mm. Unité des longueurs de canon, des diamètres de tube et des pas de rayure dans toute la documentation anglo-saxonne. → module N1.6
- Yard — 0,9144 m. Les distances américaines sont presque toujours données en yards : 1 000 yards ≈ 914 m. Lire un yard comme un mètre fausse tous les calculs qui suivent. → module N1.3
- m/s et fps — mètres par seconde et feet per second, les deux unités de vitesse de balle. 1 m/s ≈ 3,28 fps ; 800 m/s ≈ 2 625 fps. → module N2.2
- Écart-type (SD) — Standard Deviation. L’indicateur de régularité d’une série de vitesses mesurées : plus il est bas, plus les munitions sont constantes d’un coup à l’autre, et moins la dispersion verticale s’ouvre à longue distance. → module N2.2
- Écart extrême (ES) — Extreme Spread. La différence entre la vitesse la plus haute et la plus basse d’une série. Plus brutal que l’écart-type, et beaucoup plus sensible à un coup isolé. → module N2.2
5. La balistique
Ce que fait la balle une fois partie, et tout le vocabulaire des corrections. La plupart de ces termes sont développés au niveau 2 ; ils sont définis ici pour que le niveau 1 se lise sans blocage.
- Balistique — L’étude du trajet de la balle. On la découpe en trois : intérieure (ce qui se passe dans le canon), extérieure (le vol dans l’air), terminale (l’arrivée). → module N2.1
- Trajectoire — trajectory. Le chemin réellement suivi par la balle : une cloche, jamais une ligne droite. Le canon est légèrement relevé, la balle monte, culmine, puis retombe — et croise donc la ligne de visée à deux endroits, le « zéro proche » et le « zéro lointain ». → module N2.1
- Ligne de visée (LOS) — Line Of Sight. La ligne droite entre votre œil et la cible. C’est celle que vous voyez, et ce n’est pas celle que suit la balle. → module N2.1
- Chute — drop. De combien la balle est tombée par rapport à sa ligne de départ, à une distance donnée. Quelques centimètres à 100 m, plusieurs mètres à 1 000 m : la chute s’aggrave bien plus vite que la distance, parce que la balle ralentit et passe donc de plus en plus de temps à tomber. → module N2.1
- Zéro et zérotage — zero, zeroing. Le réglage qui fait coïncider le point que vous visez et le point où la balle arrive, à une distance choisie à l’avance — 100 m par convention. C’est l’origine de toutes les corrections futures. → module N1.9
- Hauteur de lunette — sight height. La distance verticale entre l’axe du canon et l’axe de la lunette, souvent 4 à 6 cm. À mesurer une fois et à saisir dans tout calculateur : la valeur par défaut des applications est presque toujours fausse. → module N2.6
- V0, vitesse initiale — muzzle velocity, MV. La vitesse de la balle à l’instant précis où elle sort du canon, en mètres par seconde. C’est la donnée qui commande tout le reste ; celle imprimée sur la boîte a été mesurée avec un autre canon et n’est presque jamais la vôtre. → module N2.2
- Chronographe — chronograph. L’appareil qui mesure la V0. Deux familles : optique (deux capteurs de lumière, sensible à la luminosité) et radar/Doppler (plus simple à mettre en œuvre, plus cher). On tire au moins dix coups, puis on regarde la moyenne et surtout l’écart-type. → module N2.2
- Temps de vol (TOF) — Time Of Flight. La durée du trajet de la balle jusqu’à la cible. Plus il est long, plus la balle tombe et plus le vent la décale. → module N2.7
- Coefficient balistique (BC) — Ballistic Coefficient. Un nombre, typiquement entre 0,2 et 0,7, qui dit à quel point la balle résiste au freinage de l’air. Plus il est élevé, moins la balle ralentit, moins elle tombe, moins le vent la pousse. Il ne rend pas une balle « plus précise » ni « plus puissante » : il la rend plus prévisible. → module N2.3
- G1 et G7 — Deux balles de référence auxquelles on compare la vôtre pour exprimer son BC. G1 est une forme ancienne et trapue, G7 une forme élancée moderne. En longue distance, le BC G7 est plus fidèle — et les deux chiffres ne sont pas interchangeables : un G1 de 0,5 et un G7 de 0,5 ne décrivent pas la même balle. → module N2.3
- Zone transsonique — transonic zone. La plage où la balle passe du supersonique (plus rapide que le son) au subsonique (plus lent). L’écoulement de l’air y devient instable et la dispersion augmente d’un coup. La vitesse du son est d’environ 340 m/s et varie avec la température. Ordres de grandeur à valider au tir : autour de 800-900 m pour un .308 Winchester classique, plutôt 1 200-1 300 m pour un 6,5 Creedmoor à bon BC — deux calibres très répandus en longue distance. → module N3.9
- Stabilité gyroscopique — La stabilité que la rotation imprimée par les rayures donne à la balle. Une balle bien stabilisée, avec un pas de rayure adapté à sa longueur, traverse mieux la zone transsonique. → module N3.9
- Dérive gyroscopique — spin drift. Le petit décalage latéral, toujours du même côté, provoqué par la rotation de la balle sur elle-même — vers la droite pour un pas de rayure à droite, le cas le plus courant. Constant et prévisible, donc corrigeable une fois pour toutes dans la table. → module N3.2
- Effet Coriolis — La rotation de la Terre pendant le temps de vol de la balle. Une composante horizontale dépend de la latitude, une composante verticale (l’effet Eötvös) dépend du cap de tir. Noyé dans le bruit à 300 m, mesurable vers 800-1 000 m, significatif au-delà. Le vent d’abord, toujours. → module N3.2
- Calculateur balistique — ballistic solver. L’application qui applique un modèle physique aux données que vous lui donnez. Elle ne mesure rien d’elle-même : la qualité de la sortie dépend entièrement de la qualité de la saisie, comme un GPS qui vous conduit avec assurance à la mauvaise adresse. → module N2.6
- Truing — la « vraie-fausse ». Ajuster la V0 ou le BC dans l’application jusqu’à ce que sa prédiction colle aux impacts réellement observés à longue distance. On aligne le calcul sur la cible, jamais l’inverse. → module N2.6
- Abaque — ballistic chart. La table de corrections calculée, distance par distance. C’est une hypothèse, à vérifier au tir. On parle aussi de table de tir pour désigner ce document de terrain : une ligne par distance, une colonne élévation, une colonne dérive, une colonne temps de vol. → module N2.7
- DOPE — Data On Previous Engagements. Vos corrections réellement validées au tir, notées avec les conditions du jour. La différence est capitale : l’abaque est une prédiction, la DOPE est une preuve. → module N1.11 et module N2.7
- Holdover et holdoff — Corriger en décalant la visée dans les graduations du réticule plutôt qu’en tournant les tourelles : holdover pour la hauteur (compenser la chute), holdoff pour le côté (compenser le vent). Instantané, mais moins précis, et impossible à faire juste en SFP hors du grossissement de référence. → module N3.7
- Angle de site — inclination, look angle. L’inclinaison du tir vers le haut ou vers le bas. Ce qui compte pour la chute n’est pas la distance parcourue mais la distance horizontale (distance mesurée × cosinus de l’angle) : en montée comme en descente, on corrige donc moins, jamais plus. → module N3.1
- Cant — l’inclinaison latérale de l’arme. Tenir l’arme penchée sur le côté décale l’impact latéralement, d’autant plus que la distance est grande. C’est précisément ce que la bulle de niveau permet d’éviter. → module N3.1
6. La position et le geste
Tout ce qui se joue entre le corps du tireur et l’arme — c’est-à-dire l’essentiel de ce qui distingue un bon tir d’un mauvais.
- Position couchée — prone. La position de référence : allongé au sol, corps le plus droit possible derrière l’arme. La plus stable, et celle qu’on apprend en premier. → module N1.7
- « L’os porte, le muscle fatigue » — Le principe fondateur de la position. Une position tenue par les muscles change à chaque tir, parce qu’un muscle se fatigue et tremble ; une position posée sur le squelette reste identique tir après tir. → module N1.7
- Point de visée naturel (NPA) — Natural Point of Aim. Le point que votre corps vise sans le moindre effort musculaire. Test : fermer les yeux quelques secondes, se détendre, rouvrir. Si le réticule a bougé, on déplace le corps entier, jamais l’arme. → module N1.7
- Bipied — bipod. Les deux pieds repliables fixés à l’avant de l’arme, qui remplacent le tremblement du bras avant par un appui fixe au sol. Comptez 60 à 150 € en entrée de gamme correcte, 150 à 350 € pour les modèles réputés. → module N1.4
- Sac arrière — rear bag. Un coussin ferme glissé sous la crosse, qu’on comprime avec la main pour régler la hauteur au millimètre sans effort musculaire. 15 à 40 €, et l’un des meilleurs rapports progrès/prix de toute la liste. → module N1.4
- Sac de tir — shooting bag. Un sac garni posé entre l’arme et un appui dur, pour tirer depuis un rocher, un tronc ou une barricade. On y pose toujours le fût, jamais le canon, qui vibre au tir. → module N3.4
- Trépied — tripod. Le support à trois pieds utilisé quand le terrain interdit la position couchée. Il demande une mise en charge du tireur pour amortir le recul. → module N3.4
- Barricade — Un obstacle de compétition, percé d’ouvertures à différentes hauteurs, depuis lequel il faut tirer en position instable et chronométrée. → module N3.4
- Pause respiratoire naturelle — respiratory pause. Le court instant, en fin d’expiration, où le corps s’immobilise sans le moindre effort. C’est là qu’on tire, dans une fenêtre de 5 à 8 secondes. Au-delà, le manque d’oxygène trouble la vision et fait trembler. → module N1.8
- Départ du coup — break. L’instant où la détente libère le percuteur. Il doit être une surprise : un tireur qui sait exactement quand ça part se prépare au bruit, donc bouge. → module N1.8
- Anticipation (flinch) — La contraction réflexe du corps juste avant le bruit et le recul. Elle survient pendant que la balle est encore dans le canon et pousse l’arme hors de son axe. L’exercice de la munition inerte la révèle sans discussion possible. → module N1.8
- Suivi — follow-through. Rester en position, l’œil dans la lunette, une à deux secondes après le départ du coup, au lieu de décrocher aussitôt. C’est aussi ce qui permet de voir arriver son impact. → module N1.8
- Tir à sec — dry fire. S’entraîner sans munition, chez soi, avec un protocole de sécurité strict : aucune munition dans la pièce, direction de pointage sûre choisie à l’avance. Dix minutes tous les deux jours valent mieux que deux heures une fois par mois. Un exercice de référence : poser une pièce de monnaie sur le canon ; si elle tombe au départ, le geste n’était pas propre. → module N2.9
- Groupement — group. L’ensemble des impacts d’une série tirée dans les mêmes conditions. Sa taille mesure la régularité, et c’est lui qu’on corrige — jamais un impact isolé, qui ne prouve rien. Trois coups disent peu, dix commencent à parler. → module N1.9
- Dispersion — L’étalement d’un groupement. Sa forme désigne une famille de causes : verticale, elle accuse la régularité des munitions ou la respiration ; horizontale, le vent, l’appui latéral ou le cant. → module N3.8
- Flyer — impact aberrant. Un coup très à l’écart du groupement, à ne pas surinterpréter : munition, erreur de lâcher, ou simple hasard statistique. → module N3.8
- Impact — Le point exact où la balle touche. Le carnet note un impact mesuré, en centimètres ou en MRAD, jamais une impression du type « c’était pas mal ». → module N1.11
- Routine de tir — shot process. Une séquence identique, exécutée dans le même ordre à chaque coup. Elle occupe l’attention avec des gestes concrets et empêche l’esprit de partir sur l’enjeu. → module N3.10
7. Le terrain et la météo
L’air n’est pas « rien » : c’est un fluide dont l’épaisseur change, et qui porte un vent qu’il faut apprendre à lire.
- Vent — wind. Le facteur numéro un d’échec à longue distance : la chute se calcule, le vent s’estime. Il ne pousse pas la balle d’un coup, il la décale progressivement pendant tout son temps de vol. Le vent qui compte le plus est celui de mi-parcours, pas celui du pas de tir. → module N2.5
- Cadran horaire — clock system. La méthode d’annonce de la direction du vent : on se place au centre d’une horloge, la cible à 12 h. Un vent de 3 h ou 9 h (plein travers) a l’effet maximal ; un vent de 12 h ou 6 h (de face ou de dos) a un effet latéral quasi nul. → module N2.5
- Coefficient d’angle — Le nombre par lequel on multiplie la correction de vent selon sa direction : plein travers = 1, en biais ≈ 0,85, en oblique = 0,5, dans l’axe = 0. → module N2.5
- Anémomètre — wind meter. L’appareil qui mesure la vitesse du vent. Il ne mesure que là où vous êtes, jamais à mi-parcours. Une station météo de poche y ajoute température, pression et humidité, et coûte 150 à 400 € : utile une fois qu’on sait quoi faire de ces chiffres, pas avant. → module N2.5
- Échelle de Beaufort — L’échelle qui relie des indices visuels (feuilles, herbes, branches, drapeaux, poussière) à une vitesse de vent en km/h. La méthode gratuite pour estimer le vent sans matériel. → module N2.5
- Mirage — L’ondulation de l’air chauffé au contact du sol, qui dévie la lumière et fait trembler l’image. Ces ondes se déplacent avec le vent : c’est un anémomètre gratuit, lisible sur tout le trajet de la balle. Piège associé : le mirage déplace aussi visuellement la cible de sa position réelle. → module N3.3
- Densité de l’air — air density. L’épaisseur de l’air. Plus il est dense, plus il freine la balle, plus elle tombe. Air chaud ou altitude élevée = air moins dense = balle moins freinée. → module N2.4
- Densité d’altitude — density altitude. Un chiffre unique qui résume température, pression et humidité, et permet de comparer deux journées d’un coup d’œil. → module N2.4
- Pression station — station pressure. La pression atmosphérique réelle de l’endroit où vous vous trouvez, à distinguer de la pression « ramenée au niveau de la mer » qu’affichent les applications météo. Confondre les deux est l’une des erreurs de saisie les plus fréquentes dans un calculateur. → module N2.4
- Humidité relative — La quantité de vapeur d’eau dans l’air. Contre-intuitif : l’air humide est légèrement moins dense que l’air sec. L’effet est réel mais faible. → module N2.4
- Télémètre laser — laser rangefinder. L’appareil qui mesure la distance en chronométrant le retour d’une impulsion lumineuse. Sa portée annoncée dépasse toujours sa portée réellement utile : cible sombre, angle rasant, pluie ou végétation le mettent en défaut. Comptez 150 à 600 €. → module N2.8
- Télémétrie au réticule — mil ranging. Estimer une distance sans instrument, en mesurant la taille apparente d’un objet de taille connue dans les graduations du réticule. En SFP, la mesure n’est juste qu’au grossissement de référence. → module N2.8
- Trace — vapor trail. Le sillage laissé par la balle en vol, visible dans certaines conditions de lumière et d’humidité. C’est l’information la plus riche du tir, parce qu’elle montre le trajet et pas seulement l’arrivée. → module N3.6
- Splash — L’impact au sol (poussière, terre, végétation) qui révèle où la balle est arrivée quand elle a manqué la cible. On le mesure au réticule, en MRAD ou MOA, jamais « un peu à gauche ». → module N3.6
- Longue-vue — spotting scope. La lunette d’observation sur trépied avec laquelle on suit les impacts, la trace et le mirage sans quitter sa position. → module N3.5
- Spotter — l’observateur. Le partenaire qui mesure, calcule, annonce les corrections en valeur et en sens, et surveille le vent pendant que le tireur reste en position. → module N3.5
8. Le stand, la sécurité et le cadre de la pratique
Le vocabulaire qu’on entend dès la première visite, et les notions réglementaires qu’il faut savoir nommer. Sur ce dernier point, une règle unique : ce lexique définit des notions, il n’interprète jamais la réglementation. Pour toute application concrète, la loi française et votre club font foi.
- Les 4 règles d’or — (1) toute arme est considérée comme chargée, sans exception ; (2) on ne pointe jamais le canon vers quelque chose qu’on n’est pas prêt à détruire ; (3) le doigt reste hors du pontet tant que la visée n’est pas sur la cible ; (4) on identifie sa cible et ce qui se trouve derrière et autour. Elles sont redondantes exprès : en respecter une seule suffit à empêcher l’accident. → module N1.1
- Stand de tir — shooting range. L’installation, couverte ou en plein air, où l’on s’entraîne, avec ses règles propres et son encadrement. → module N1.1
- Pas de tir — firing line. La ligne depuis laquelle les tireurs sont positionnés. → module N1.1
- Cessez le feu — cease fire. L’ordre qui interrompt immédiatement tout tir. On arrête tout geste vers la détente, on garde le canon en direction sûre, on attend les instructions. → module N1.1
- Arme en sécurité, culasse ouverte — clear, bolt open. L’état dans lequel une arme est laissée entre deux séries : culasse ouverte, chambre vide et visible de tous. → module N1.1
- Témoin de chambre vide — chamber flag. Le petit drapeau ou la tige de couleur vive qu’on insère dans la chambre pour prouver visuellement, même de loin, qu’aucune munition n’est engagée. → module N1.1
- Zone de manipulation autorisée — L’endroit précis où l’on a le droit de toucher une arme, de la charger ou de la décharger. En dehors de cette zone, elle reste dans son étui, fermée. → module N1.1
- Butte de tir, pare-balles — backstop, berm. Le talus de terre ou le mur épais qui arrête les balles derrière les cibles. Ni un grillage, ni une haie, ni l’horizon dégagé ne remplissent ce rôle. → module N1.1
- Protection auditive et oculaire — ear pro, eye pro. Casque anti-bruit, idéalement doublé de bouchons, et lunettes de protection, portés dès qu’on approche du pas de tir, y compris quand on ne tire pas soi-même. 30 à 120 € : le seul achat vraiment non négociable. → module N1.4
- Carnet de tir — shooting log, data book. Le carnet où l’on consigne date, lieu, distance, munition et numéro de lot, réglages, conditions et impacts mesurés. L’outil à 15 € qui vaut plus que 500 € d’accessoires, et la matière première de la future DOPE. → module N1.11
- La règle du seul changement — Ne modifier qu’un paramètre par séance. Si vous changez la munition et la position le même jour, le résultat, même bien noté, n’apprend rien. → module N1.11
- Club et fédération — La structure agréée dans laquelle se pratique le tir en France, et qui encadre l’accès à la pratique, la formation et la sécurité. C’est l’interlocuteur de référence pour toute question d’application concrète. → module N1.1
- Licence de tir — Le titre délivré dans le cadre fédéral, lié à la pratique en club. Notion citée ici pour être comprise quand on l’entend : ses conditions, sa validité et ses effets relèvent exclusivement de la réglementation en vigueur et de votre club. → module N1.1
- Catégories d’armes (A, B, C, D) — Le classement réglementaire français des armes, qui détermine leur régime d’acquisition et de détention. Notion citée pour être comprise ; ce lexique n’en donne aucune interprétation. La loi et le club font foi. → module N1.1
- Détention et transport — Les notions réglementaires qui encadrent le fait de posséder une arme et de la déplacer. Le principe pratique enseigné partout en club : arme déchargée, dans son étui, séparée des munitions. Pour tout le reste, la réglementation et le club font foi. → module N1.1
- TLD — Tir Longue Distance. Le tir au-delà d’environ 300 m, là où il faut calculer avant de tirer au lieu de simplement viser. → module N1.3
- ELR — Extreme Long Range, tir à très longue distance, typiquement au-delà de 1 500 m. → module N3.9
- PRS — Precision Rifle Series. Une discipline de compétition à cibles variées, positions inconfortables et chronomètre, devenue la référence du tir de précision sportif. → module N3.4
9. Les mots anglais qu’on croise sans traduction
Le matériel, les logiciels et la littérature technique du tir longue distance sont massivement anglophones. Les termes déjà définis plus haut ne sont pas répétés ici ; voici ceux qui n’ont pas d’équivalent français installé et qu’on rencontre tels quels dans les notices, les forums et les applications.
- Action — Le mécanisme de l’arme, boîtier de culasse et culasse réunis. « Bolt action » = à verrou, c’est-à-dire à culasse manœuvrée à la main.
- Bore — L’intérieur du canon, l’alésage. On le retrouve dans bore sighting (réglage au canon) et bore guide (guide-baguette).
- Chassis — Une crosse en aluminium, modulaire, sur laquelle vient se fixer le boîtier de culasse. Alternative moderne à la crosse en bois ou en composite.
- Cold bore — Le premier coup tiré avec un canon froid, qui atterrit parfois légèrement ailleurs que les suivants. On le note à part dans le carnet plutôt que de le mélanger au groupement.
- Come-up / to dial — La correction d’élévation à appliquer, et le fait de la composer sur la tourelle. « Dial 3.2 » signifie « tourne à 3,2 ».
- Wind call — L’estimation du vent annoncée avant le tir, et la correction qui en découle. Le spotter « donne le call ».
- First round hit (FRH) — Toucher au premier coup, sans tir de réglage préalable. C’est l’objectif que poursuit toute la démarche DOPE.
- Sub-MOA — Se dit d’un ensemble arme-munition-tireur qui groupe dans moins de 1 MOA, c’est-à-dire moins d’environ 2,9 cm à 100 m.
- Sling — La bretelle. Sert au transport et, dans certaines disciplines, d’appui pour stabiliser la position.
- Gong / steel plate — La cible métallique qui sonne quand on la touche, très utilisée en longue distance parce qu’elle donne un retour immédiat, audible et visible.
- Factory ammo / handload — Munition du commerce / munition rechargée par le tireur lui-même.
Index alphabétique
Pour retrouver un terme sans parcourir la page. Le chiffre entre parenthèses indique la famille : (1) l’arme · (2) la munition · (3) l’optique et son montage · (4) les unités et les mesures · (5) la balistique · (6) la position et le geste · (7) le terrain et la météo · (8) le stand et la sécurité · (9) les mots anglais.
- A — Abaque (5) · Action (9) · Amorce (2) · Anémomètre (7) · Angle (4) · Angle de site (5) · Anticipation (6) · Appui-joue (1) · Arme en sécurité (8) · Armurier (1)
- B — Bague repositionnable (3) · Balistique (5) · Balle (2) · Barricade (6) · Beaufort, échelle de (7) · Bipied (6) · Boîtier de culasse (1) · Bolt action (1) · Bore (9) · Bouche (1) · Bulle de niveau (3) · Butée (3) · Butte de tir (8)
- C — Cadran horaire (7) · Calculateur balistique (5) · Calibre (1) · Cant (5) · Canon (1) · Carabine (1) · Carnet de tir (8) · Cartouche (2) · Catégories d’armes (8) · Centrage mécanique (3) · Cessez le feu (8) · Chambre (1) · Champ de vision (3) · Chargeur (1) · Chassis (9) · Chronographe (5) · Chute (5) · Clic (4) · Cloche (3) · Club et fédération (8) · Coefficient balistique (5) · Coefficient d’angle (7) · Cold bore (9) · Colliers (3) · Come-up (9) · Correspondance MOA/MRAD (4) · Couple de serrage (3) · Couronne (1) · Course de réglage (3) · Crosse (1) · Culasse (1) · Culot conique (2)
- D — Dégagement oculaire (3) · Densité d’altitude (7) · Densité de l’air (7) · Départ du coup (6) · Dérive (3) · Dérive gyroscopique (5) · Détente (1) · Détention et transport (8) · Dispersion (6) · Distance œil-lunette (3) · DOPE (5) · Douille (2) · Drop (5) · Dry fire (6)
- E — Écart extrême, ES (4) · Écart-type, SD (4) · Échauffement du canon (1) · Effet Coriolis (5) · Élévation (3) · ELR (8) · Embase (3) · Embase pentée (3) · Encrassement (1) · Enrayage (1) · Étui, cartouche (2) · Étui de transport (1)
- F — Factory ammo (9) · FFP (3) · First round hit (9) · Flinch (6) · Flyer (6) · Follow-through (6) · Frein de bouche (1) · Frein-filet (3) · Fût (1)
- G — G1 et G7 (5) · Gong (9) · Graduation du réticule (3) · Grain (2) · Grip (1) · Grossissement (3) · Groupement (6) · Guide-baguette (1)
- H — Handload (9) · Hauteur de lunette (5) · Holdoff (5) · Holdover (5) · Humidité relative (7)
- I — Impact (6)
- L — Licence de tir (8) · Ligne de visée, LOS (5) · Longue-vue (7) · Lot, numéro de (2) · Lunette de visée (3)
- M — Mirage (7) · Mise de niveau du réticule (3) · MOA (4) · Molette de parallaxe (3) · Monobloc (3) · MRAD / MIL (4) · Munition inerte (2) · Munition « match » (2) · m/s et fps (4)
- N — NPA, point de visée naturel (6)
- O — Objectif (3) · Oculaire (3) · « L’os porte, le muscle fatigue » (6)
- P — Parallaxe (3) · Pas de rayure (1) · Pas de tir (8) · Patch (1) · Pause respiratoire naturelle (6) · Percuteur (1) · Picatinny (3) · Poignée (1) · Point de visée naturel (6) · Pontet (1) · Position couchée (6) · Pouce (4) · Poudre (2) · Pression station (7) · PRS (8) · Protection auditive et oculaire (8)
- Q-R — Rayures (1) · Rechargement (2) · Recul (1) · Règle du seul changement (8) · Réglage au canon (3) · Réglage dioptrique (3) · Règles d’or, les 4 (8) · Réticule (3) · Routine de tir (6)
- S — Sac arrière (6) · Sac de tir (6) · Sertissage (2) · SFP (3) · Sling (9) · Solvant (1) · Spin drift (5) · Splash (7) · Spotter (7) · Stabilité gyroscopique (5) · Stand de tir (8) · Sub-MOA (9) · Suivi (6) · Sûreté (1)
- T — Table de tir (5) · Télémètre laser (7) · Télémétrie au réticule (7) · Témoin de chambre vide (8) · Temps de vol, TOF (5) · Tir à sec (6) · TLD (8) · Tourelle (3) · Trace (7) · Trajectoire (5) · Trépied (6) · Truing (5) · Tube (3) · Twist rate (1)
- V-Z — V0, vitesse initiale (5) · Vent (7) · Weaver (3) · Windage (3) · Wind call (9) · Yard (4) · Zéro et zérotage (5) · Zero stop (3) · Zone de manipulation autorisée (8) · Zone transsonique (5)
À retenir
- Un terme qui vous bloque ne doit jamais vous faire arrêter la lecture : il a une entrée ici, en une phrase, sans autre mot technique.
- Les deux chiffres à connaître par cœur : 1 MRAD = 10 cm à 100 m, 1 MOA ≈ 2,9 cm à 100 m.
- Les deux clics courants : 0,1 MRAD = 1 cm à 100 m, 1/4 MOA ≈ 0,7 cm à 100 m.
- Le matériel et les logiciels parlent anglais : connaître drop, windage, bolt, holdover et zero évite la plupart des erreurs de configuration.
- Les termes réglementaires sont définis ici comme notions, jamais comme conseils : la loi française et votre club font foi.
Pour reprendre la formation depuis le début : La sécurité avant tout : les 4 règles d’or.
Le manuel pour comprendre, les carnets pour noter au stand : les trois ouvrages Ballistir — et retrouvez tout le programme Débutant.
Le Manuel du débutant Le Carnet de Tir Le Classeur d’Abaques